rhinite

RHINITE CHRONIQUE


La rhinite chronique est un dysfonctionnement nasal chronique.

C'est une pathologie extrêmement fréquente, il faut en rechercher la cause. L'ORL et au premier plan pour évaluer cette rhinite chronique, et différencier cette rhinite chronique en :

arrow-blueRhinite chronique allergique
arrow-blueRhinite chronique non allergique.

Les patients se plaignent :

arrow-blueObstruction nasale
arrow-blueEcoulements
arrow-blueEternuements.



La Rhinite Allergique


  • La rhinite allergique se manifeste par le trépied clinique, déjà évoqué, obstruction nasale, rhinorrhée, éternuements.

    Il existe parfois une anosmie l'hyposmie (perte ou baisse de l'odorat), des démangeaisons diffuses (prurit oropharyngé), des céphalées, des manifestations oculaires (prurit, conjonctivite).

    Elle est fréquente chez l'adolescent et l'adulte jeune.

    Elle pose un problème de santé publique, vu qu'elle concerne entre 20 et 50 % de la population.

    Il existe souvent un terrain atopique familial.

    Nous notons une augmentation régulière de la fréquence de cette affection sur les 30 dernières années.

    D'autres facteurs interviennent, comme le tabagisme (attention au tabagisme passif), la pollution (attention la pollution domestique).

    Ces facteurs interfèrent avec l'allergie, et aggravent la sévérité de la maladie.

    tabactest-allergie


  • arrow-bluela rhinite allergique saisonnière pollinique
    arrow-bluede la rhinite allergique perannuelle non pollinique.

    La nouvelle classification de l'OMS reconnaît maintenant deux entités :

    arrow-bluela rhinite allergique intermittente, si les symptômes sont inférieurs à quatre jours par semaine, ou inférieures à quatre semaines
    arrow-blueet la rhinite allergique persistante, si les symptômes dépassent respectivement quatre jours par semaine, et quatre semaines.

    Elle prend en compte pour ces deux variétés de rhinite allergique de niveau d'altération :

    arrow-bluerhinite allergique légère
    arrow-blueet rhinite allergique modérée à sévère.

    Cette classification tient compte de deux éléments :

    arrow-bluela durée des symptômes
    arrow-blueet leur gravité.

    La rhinite est qualifiée de légère, si le sommeil reste normal de même que les activités sociales et professionnelles.

    La rhinite est qualifiée de modérée à sévère, si le sommeil perturbé, de même que les loisirs, ainsi que des activités scolaires et/ou professionnelles.

    Il faut intégrer cette rhinite allergique dans le cadre général des maladies allergiques et notamment dans les maladies respiratoires, comme l'asthme.

    Le bilan sera O.R.L., mais également pulmonaire avec évaluation de la fonction respiratoire.

  • Le diagnostic est clinique, trépied classique.

    L'examen fibroscopique des fosses nasales est effectué de façon obligatoire par l'O.R.L., il met en évidence une muqueuse inflammatoire, notamment au niveau des cornets inférieurs, coloration lilas pâle de la muqueuse, oedème des cornets inférieurs, sécrétions plus ou moins visqueuses.

    Il est important de rechercher l'allergène responsable, par l'interrogatoire, l'évolution de la rhinite, et par un bilan allergologique :

    arrow-blueTest de cutanée allergologiques, c'est l'examen de base… Il doit être systématique. Les anti-histaminiques doivent être arrêtés quelques jours (cinq jours pour les plus récents) avant la réalisation de ces tests.
    arrow-blueTest de provocation nasale, ils sont réservés à certaines situations difficiles. Il doit effacer sa ils doivent êtres effectués par des équipes ayant une expérience un environnement adapté.
    arrow-blueDosage des IgE spécifiques sériques. Ils ne peuvent remplacer des tests cutanés d'allergie, et ne doivent pas être effectués en première intention. Leur sensibilité varie de 70 à 90 % selon les allergènes et les études.
    arrow-blueTest multi allergénique de dépistage. Leurs spécificités leur sensibilité sont supérieures à 80-90 % .

    Il faudra systématiquement rechercher une maladie asthmatique. Une exploration fonctionnelle respiratoire est indiquée.

    Le bilan radiologique, le scanner des sinus n'est indiqué que s'il existe un doute diagnostique sur une sinusite.

    Il faudra évaluer, et traiter des facteurs environnementaux, tabagisme, pollution.

  • La prise en charge de cette rhinite allergique repose sur l'éviction de l'allergène, des thérapeutiques médicamenteuses, et l'immunothérapie ou désensibilisation.

    L'éviction de l'allergène est extrêmement bénéfique, lorsqu'elle est possible, et améliore toutes les autres thérapeutiques. Nous disposons de calendriers polliniques, ce qui permet de réduire le contact avec les allergènes responsables.

    Pour les allergènes domestiques, notamment pour les acariens, une étude du domicile permettra de lutter de façon efficace contre ces allergènes.

    Il faut éliminer tapi et moquette, étudier les éléments de décoration, supprimer les doubles rideaux, et utiliser si possible de peinture antiacariens. La literie constitue un facteur important d'apport d'acariens.

    Il faut inspirer quotidiennement les draps, utiliser des housses antiacariens.

    Une allergie à un animal domestique nécessite son départ du domicile, situation parfois dramatique.

  • arrow-blueanti-dégranulants mastocytaires (Cromoglycate de sodium, acide N-acétylaspartylglutamique, Kétotifène)
    arrow-blueanti-histaminiques, c'est la base du traitement des rhinites allergiques
    arrow-bluecorticoïdes locaux, c'est la deuxième base du traitement des rhinites allergiques, ils sont utilisés au long cours.

    Ils agissent contre l'obstruction nasale, ils n'ont pas d'effets secondaires notables, et sont associés à des lavages de nez réguliers au sérum physiologique à distance des pulvérisations.

    arrow-blueCorticoïdes par voie générale, parfois utilisé en cas de sévérité de signe clinique
    arrow-bluevasoconstricteurs, ils n'ont pas d'AMM pour la rhinite chronique, ils sont parfois proposés pour une période de trois à quatre jours maximum en début de traitement de la rhinite allergique.

    Immunothérapie ou Désensibilisation :

    La désensibilisation spécifique s'adresse à des patients où le bilan allergologique a mis en évidence un lien direct entre les symptômes et l'allergène.

    Il faut que l'allergie soit ciblée, et cette désensibilisation est longue, en moyenne trois ans. C'est le seul traitement susceptible de modifier en profondeur le terrain atopique.


  • arrow-blueTurbinectomie partielle, c'est la résection d'une partie des cornets inférieurs hypertrophiés. Nous n'utilisons peu.

    Il existe un risque de saignement post-opératoire immédiat, et surtout à terme un syndrome de nez vide avec rhinite croûteuse.

    arrow-blueLe traitement par radiofréquences des cornets inférieurs à notre préférence.

    C'est une technique simple, bien codifiée, et dénué d'effet secondaire. Elle permet de préserver la fonction du cornet inférieur, l'épithélium de surface et le transport muco ciliaire.

    arrow-blueLa septoplastie peut être envisagée en cas de déviation de la cloison nasale, responsable d'une obstruction.

    Cornet


La Rhinite Chronique Non Allergique

Deux grandes familles ont été définies :

arrow-blueLa rhinite inflammatoire
arrow-blueLa rhinite non inflammatoire

  • Elle correspond à la rhinite non allergique à éosinophile (NARES). Elle n'est pour certains qu'une polypose ethmoïdale en début d'évolution.

    C'est une rhinite peranuelle, dont l'évolution se fait par paroxysme. Les patients ont un mucus nasal riche en n'éosinophile.

    Le diagnostic est clinique, obstruction nasale, avec troubles olfactifs (hyposmie au anosmie), rhinorrhée aqueuse, éternuements en salves de prurit nasal.

    La fibroscopie des fosses nasales met en évidence une muqueuse inflammatoire, notamment au niveau des cornets inférieurs.

    Ce sont exactement les mêmes signes que la rhinite allergique, Mais

    arrow-blueLes tests allergiques sont négatifs
    arrow-blueLa cytologie nasale montre un mucus riche en éosinophile (supérieur à 20 %)
    arrow-blueL'examen tomodensitométrique des sinus n'a pas de caractère spécifique.

    Le traitement repose sur la corticothérapie locale à long terme.

    Une surveillance par fibroscopie des fosses nasales, effectuée par l'ORL, est indispensable pour vérifier l'absence d'évolution vers une polypose nasosinusienne.

  • C'est l'ensemble des rhinites chroniques, sans signe inflammatoire, ni allergique.

    On distingue la rhinite d'origine extrinsèque, de la rhinite d'origine intrinsèque.

    Rhinite d'origine extrinsèque

    arrow-blueRhinite médicamenteuse
    la plus connue est la rhinite aux décongestionnants nasaux. Lorsqu'un patient utilise à long terme un vasoconstricteur, il présente paradoxalement une obstruction nasale bilatérale de plus en plus importante.
    arrow-blueRhinite à l'aspirine.
    arrow-blueRhinite liée à l'alimentation, à l'éthanol, chocolat, poissons, sulfite, piment. Pour l'éthanol, de tests de provocation sont possibles en milieu spécialisé, pour établir le diagnostic.
    arrow-blueRhinite professionnelle non allergique, les symptômes oculaires ou broncho-pulmonaires sont fréquemment associés.
    Les agents responsables chimiques les plus fréquents sont la colle, la résine-époxy, les isocyanates, le glutaraldéhyde. Les tests de provocation nasale sont importants, et la recherche d'un asthme est systématique.
    arrow-blueRhinite et environnement, c'est une rhinite peranuelle ou sporadique, et l'interrogatoire du patient va mettre en évidence le facteur déclenchant.

    Rhinites d'origine intrinsèque

    arrow-blueRhinite hormonale, elle survient au cours de la grossesse, après le premier trimestre, et s'aggrave après le troisième trimestre. Elle disparaît souvent quelques semaines après l'accouchement. Il existe une obstruction nasale bilatérale.
    Le traitement est essentiellement local, lavage de nez ou sérum physiologique, ou à l'eau de mer, et utilisation de corticoïde local.

    arrow-blueRhinite liée au vieillissement, c'est une rhinorrhée séreuse chez le patient âgé de plus de 70 ans, parfois aggravée lors de la prise de repas chauds.
    arrow-blueRhinite positionnelle, marqué par une obstruction nasale à bascule.
    arrow-blueRhinite atrophique.
    Sensation d'obstruction nasale très désagréable, avec présence de croûtes mal odorantes. Il existe une cacosmie (perception de réels ou imaginaires d'une odeur désagréable).

    Elle peut être iatrogène, après turbinectomie excessive et s'accompagne d'une sensation de nez vide.

  • Le traitement le plus souvent médical, et local :

    arrow-blueLavage de nez au sérum physiologique ou à l'eau de mer
    arrow-blueUtilisation de corticoïde local.

    Il s'agit d'un traitement à très long terme.

     

    Le traitement peut être chirurgical :

    arrow-blueRadiofréquences des cornets inférieurs
    arrow-blueTurbinectomie inférieure partielle (il faut toujours respecter un relief au niveau de ces cornets, pour éviter tout problème de syndrome de nez vide ou de rhinite croûteuse).
    arrow-blueCure thermale (apprentissage d'une hygiène du nez).
    arrow-blueHoméopathie.

  • Cas particulier de la rhinite de l'enfant.

    Elle le plus souvent d'origine allergique.

    Il faut rechercher une aggravation par un tabagisme passif familial. Les vasoconstricteurs locaux sont interdits chez l'enfant de moins de 12 ans.