Les surdités

  • Surdité de transmission
  • Surdité de perception

Surdité de transmission

Elle est due à une lésion de l’oreille externe, du tympan, ou de la chaîne ossiculaire.

À l’audiométrie, la conduction aérienne est basse, la conduction osseuse est normale.

Le Weber est localisé du côté sourd, lorsque la surdité est unilatérale.

Lorsque le tympan est normal, il faut rechercher :

  • une otospongiose, cause la plus fréquente de surdité de transmission à tympan normal
  • les autres causes sont moins fréquentes, rupture de la chaîne des osselets après un traumatisme, malformations des osselets, cholestéatome à tympan fermé (cholestéatome congénital).

Lorsque le tympan est anormal, les causes sont nombreuses et connues :

  • les otites séreuses, essentiellement chez l’enfant
  • les otites moyennes aiguës
  • les otites chroniques non cholestéatomateuse
  • le cholestéatome de l’oreille moyenne.

Le traitement dépendra de la cause de cette surdité de transmission. Il sera médical ou chirurgical.

Dans certains cas, de suppuration au niveau de l’oreille moyenne, et de l’impossibilité de corriger cela par une intervention chirurgicale, une prothèse à ancrage osseux peut être proposée (BAHA).

Si cela paraît indiqué, nous vous en parlerons.

Le système BAHA (Bone Anchored Hearing Head)

Le système BAHA (Bone Anchored Hearing Head) correspond à une aide auditive à ancrage osseux.

Le principe consiste à utiliser la conduction osseuse, de telle façon à faire parvenir directement les sons au niveau de l’oreille interne.

La voûte crânienne constitue un excellent transmetteur de sons.

Le système se compose de deux parties :

  • un implant en titane placé en arrière du pavillon de l’oreille, et vissé dans l’os crânien. Il sera ostéo intégré
  • un processeur de sons externe, qui se « clipe » facilement sur l’implant, et qui va capter les ondes sonores grâce à son microphone. Il est traite et les convertit en vibrations. Les vibrations stimulent l’oreille interne fonctionnelle (ipsilatérale ou controlatérale).

Le son obtenu est un son clair, sans distorsion ou parasite. Les personnes appareillées avec ce système sont souvent moins gênées par les milieux bruyants pour entendre.

Cette intervention s’effectue très facilement sous anesthésie locale, mais également parfois sous anesthésie générale.

Cette intervention est remboursée par la sécurité sociale, et votre mutuelle.

Au préalable, avant la mise en place de cet implant ancrage osseux, un essai sera effectué auprès d’un audioprothésiste agréé. Vous porterez pendant plusieurs semaines un vibrateur qui remplira le rôle de l’implant et qui permettra de vérifier l’utilité et le bien-fondé de cette technique, avant de l’envisager.

  

Surdité de perception

C’est une surdité neuro-sensorielle, avec atteinte de l’oreille interne.

À l’audiométrie, la conduction aérienne est basse, de même que la conduction osseuse.

Le Weber est localisé du côté de l’oreille saine, lorsque la surdité a un caractère unilatéral.

Il faut distinguer :

  • les surdités unilatérales
  • les surdités brusques
  • les surdités associées à d’autres signes O.R.L., comme les acouphènes ou les vertiges.

Les potentiels évoqués auditifs constituent souvent une exploration nécessaire, de même que le vidéonystagmogramme en cas de vertiges associés.

Lorsque la surdité est progressive, bilatérale, il s’agit souvent d’une presbyacousie (vieillissement de l’oreille).

Lorsque la surdité est unilatérale, d’apparition progressive, il faut rechercher une tumeur de l’angle ponto-cérébelleux (neurinome de l’acoustique) par un potentiel évoqué auditif, et une I.R.M.

Une surdité brusque, unilatérale constitue une urgence O.R.L., et doit bénéficier d’un traitement immédiat par oxygénothérapie hyperbare, et hémodilution. Un bilan radiologique par I.R.M. est obligatoire à la recherche d’une tumeur bénigne (neurinome).

Les causes cochléaires correspondent à l’atteinte des cellules sensorielles de l’oreille interne :

  • traumatismes sonores répétitifs
  • causes héréditaires
  • causes infectieuses ou inflammatoires
  • otospongiose cochléaire
  • causes toxiques, comme l’utilisation de certains antibiotiques (aminosides), ou lors de certaine chimiothérapie
  • causes métaboliques dégénératives
  • maladie de Ménière.

Les causes rétro-cochléaires correspondent à une atteinte de la voix nerveuse :

  • névrites (zona, oreillons, syphilis)
  • neurinome de l’acoustique
  • maladies neurologiques comme la sclérose en plaques.

Un appareillage auditif pourra vous être proposé. Il sera, le plus souvent bilatéral, afin de restaurer la stéréophonie.

Cet appareillage devra être envisagé relativement tôt (au-delà de 25 à 30 dB de perte). Il permet d’améliorer la compréhension et l’intégration.

Appareils auditifs

L’appareillage auditif est la solution naturelle proposée pour compenser les surdités de perception. Les aides auditives doivent être, sur décision et prescription du médecin spécialiste O.R.L., adaptées par un audioprothésiste D.E.

Lorsque la surdité entraîne une gêne sociale pour le patient, il est recommandé, après les investigations indispensable à son diagnostic, de porter des aides auditives et ceci le plus tôt possible.

Une étude clinique menée par le Pr L. Collet (directeur du laboratoire neurosciences et systèmes sensoriels-CNRS-Université de Lyon) démontre que lorsque des personnes perdent de l’audition, leur cerveau « se réorganise » pour compenser ce handicap. Une personne malentendante tend donc à renforcer sa perception sur les dernières fréquences qu’elle perçoit encore.

Porter un appareillage auditif permet d’inverser ce processus et de « normaliser la discrimination (distinction) des fréquences.

Cette normalisation se manifeste par une meilleure compréhension de la parole dans un environnement bruyant. Elle est d’autant plus rapide que la prise en charge est précoce, d’où l’intérêt d’un appareillage dès que les capacités auditives baissent.

Attendre avant de s’appareiller revient à s’habituer à ne pas entendre…

Les différents degrés d’une perte auditive

Différents degrés de perte auditive s’échelonnent entre les deux extrêmes de notre champ auditif. On utilise les termes de «légère», «moyenne», «sévère» et «profonde» pour qualifier le degré d’une perte auditive. La majorité des pertes auditives sont légères à moyennes.

Les différents degrés d’une perte auditive :

  • Perte auditive légère (perte de 20 à 40 dB) : Incapacité d’entendre les sons faibles, difficultés pour comprendre clairement dans des milieux bruyants.
  • Perte auditive moyenne (perte de 40 à 70 dB) : Incapacité d’entendre les sons faibles et moyennement forts, très grandes difficultés de compréhension de la parole, en particulier en milieu bruyant.
  • Perte auditive sévère (perte de 70 à 90 dB) : Certains sons forts restent audibles, mais la communication est impossible sans aide auditive.
  • Perte auditive profonde (perte de 90 dB et plus) : Certains sons extrêmement forts restent audibles, mais la communication est impossible sans aides auditives.

Surdité Bilatérale

La surdité touche fréquemment les deux oreilles : on parle alors de surdité bilatérale.

Dans ce cas, il est recommandé d’équiper les deux oreilles afin de rétablir la stéréophonie.

Un appareillage bilatéral permet d’améliorer l’audition de chaque oreille et d’équilibrer la perception globale.

Il contribue à l’équilibre auditif naturel et est essentiel pour discriminer les sons utiles, particulièrement dans un environnement bruyant.

En synthèse, l’appareillage stéréophonique induit une meilleure localisation des sons de votre environnement, une meilleure discrimination de la parole dans le bruit et une amélioration du confort auditif global en restituant le relief sonore.

Le principe de fonctionnement d’une aide auditive

Le principe de fonctionnement d’une aide auditive peut être schématiquement décrit de la manière suivante :

1. Un ou deux microphones captent le signal acoustique et le transforme en signal électrique qui est transmis à l’amplificateur.

2. L’amplificateur agit sur ce signal électrique. Dans le cas d’un appareil numérique, le signal électrique est converti en un signal digital et le microprocesseur agit directement sur ce signal digital (on parle de traitement numérique du signal). Plus le microprocesseur est puissant, plus le traitement des sons sera performant.

3. Le signal traité est transmis au patient :

  • par un écouteur s’il s’agit d’une aide auditive en voie aérienne (contours d’oreille, intra auriculaires et mini-contours ouverts).
  • par un vibrateur pour les aides auditives en conduction osseuse (B.A.H.A.).
  • par un stimulateur implanté chirurgicalement dans l’oreille moyenne pour les implants d’oreille moyenne.
  • par un faisceau d’électrodes implanté chirurgicalement au niveau de la cochlée pour les implants cochléaires.

Aides auditives conventionnelles

Les aides auditives conventionnelles en voie aérienne :

Ce sont les aides auditives les plus couramment utilisées pour corriger les pertes auditives légères à profondes.

Le type d’appareil sera adapté à votre déficience auditive, à vos besoins d’écoute, aux critères esthétiques, aux contraintes de manipulation et à votre budget.